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Le Design circulaire & systémique, pour un impact global

Dans le contexte climatique, économique et politique actuel, il n’est plus possible de continuer à produire comme nous le faisions auparavant.

De la conception, jusqu’à la mesure de l’empreinte carbone des actions de communication, il est possible de faire mieux !

Nous nous fixons comme objectif au quotidien de créer des services plus utiles, vertueux et durables. C’est pourquoi nous abordons le design et l’innovation avec une approche globale pour comprendre les sujets dans leur complexité. Une des finalités est de pouvoir mesurer les externalités des produits et services que nous créons. Autrement dit, mesurer l’impact réel sur la planète et sur les Hommes liés aux produits et services que nous créons.

Qu’est-ce que le design circulaire ?

Nous ne pouvons pas aborder un sujet sans a minima le placer dans son contexte et étudier son écosystème, car nous ne pouvons pas créer de valeur pour l’utilisateur final, sans penser le sujet dans sa globalité.

Imaginer un nouveau produit sans se soucier des externalités qu’il génère (pollution, émission carbone, raréfaction des métaux, exploitation des personnes…) n’est pas viable et nous nous efforçons de postuler d’une vision globale pour adresser ces challenges.

Cela se traduit par la modélisation honnête du cycle de vie complet d’un produit ou d’un service depuis l’idée jusqu’à l’intégration de ses externalités. 

Prenons par exemple, le cas de la fabrication d’un vêtement en coton. Il s’agirait de prendre en compte dès le début du projet la consommation d’eau et de pesticides ainsi que les conditions de travail des ouvriers dans les champs de coton en Égypte. Cela semble évident dit comme ça, mais malheureusement rares sont les entreprises capables de retracer jusqu’à la provenance des matières premières, qui composent les produits qu’elles fabriquent.

Dans ce contexte, qu’appelle-t-on le design circulaire ? 
Prenons l’exemple d’une marque de vestes qui a repensé la circularité pour améliorer son impact : Patagonia. L’entreprise a lancé beaucoup d’actions dont :
  • La fabrication de vestes à partir de matériaux recyclés et broyés (ex : des bouteilles)
  • Le développement de nouveaux tissus en open-source (y compris pour ses concurrents)
  • Le design de vestes plus solides
  • Le développement d’une filière de réparation (ateliers locaux accessibles sur le site)
  • La création d’une filière de retraitement, recyclage et remise sur le marché
La marque dépasse le modèle standard de fabrication et de durabilité des vêtements et adopte un modèle circulaire pour d’améliorer son impact sur la planète. Le design circulaire poursuit donc plusieurs objectifs : 
  • concevoir et produire de manière plus durable
  • limiter la consommation et les gaspillages de ressources (matières premières, eau, énergie) ainsi que la production des déchets
  • allonger la durée de vie des produits 
  • favoriser le recyclage et le ré-emploi
  • construire une filière complète intégrant la fin de vie, le recyclage et le ré-emploi
En étendant notre pensée à un problème plus large que celui auquel on veut répondre, on peut créer une solution différente, durable et plus utile. Notre but, quand on vous parle de circularité, est de vous aider à sortir des sentiers battus de création et de production. Nous souhaitons répondre avec vous aux enjeux futurs liés à la décarbonation de l’économie, avec des solutions pragmatiques et concrètes.
Et le design systémique alors ?

Si l’on reprend l’exemple de Patagonia, la circularité leur permet de créer des produits recyclés, recyclables et plus durables. Pourtant, ces produits sont vendus à des clients qui consomment trop de vêtements, et ne résout pas le problème de la sur-consommation, ou de la pollution liée au transport.

Le design circulaire ne s’intéresse pas aux problèmes géo-politiques liés à telle ou telle matière première, ni aux alternatives à la consommation de coton (même bio). Le coton étant l’une des cultures les plus polluantes et consommatrices en eau.

Pour simplifier, on vise à faire bien mais on ne résout pas nécessairement les problèmes majeurs à la racine ou engendrés par une démarche circulaire.

Avec une approche systémique, pour Patagonia, on tenterait d’aller encore plus loin et de retracer l’ensemble des externalités liées à son activité et l’usage de ses produits, et pas seulement celles liées à sa production. On pourrait analyser les composantes du désir mimétique et le poids des médias sociaux dans le souhait de consommer plus de vêtements pour les utilisateurs. Avec comme finalité de développer des produits et services limitant, in-fine, la fabrication de vêtements.

Tout cela est encore trop souvent abstrait et la discipline n’en est qu’à ses balbutiements. Nous tentons de nous saisir de ces sujets et de proposer une démarche pour répondre à ces grands enjeux. 

La vidéo suivante résume assez bien la pensée systémique.

Nos 6 grands principes pour définir une approche systémique Principe n°1 : comprendre le système

Comprendre le système, c’est essayer de matérialiser sa complexité, et la rendre intelligibleL’objectif est de permettre la visualisation des systèmes complexes pour aider nos clients à prendre des décisions plus éclairées. 

Exemple de défi
Comment modéliser qu’une voiture électrique a un moins bon bilan énergétique global qu’un véhicule à essence de dernière génération ? C’est le cas, encore aujourd’hui, si la batterie pèse plus de 600kg.

Cette vidéo passionnante sur l’origine des métaux rares permet de mieux appréhender la conception de produits « technologiques ».

 

Principe n°2 : définir le vrai problème à résoudre

Car c’est rarement celui que nos clients nous posent. En prenant le temps d’observer, on évite d’aller trop vite vers la solution et on plonge aux racines du problème.
C’est aussi anticiper les conséquences de la solution que l’on va développer : car si elle crée un problème plus grand (par exemple, plus de pollution, ou plus d’injustice), alors il faut pouvoir trouver des solutions alternatives.

Exemple de défi
Comment éviter un bilan carbone déplorable lié à l’envoi d’une newsletter quand elle n’est pas ouverte mais qu’elle restera stockée dans des serveurs énergivores pendant des années ? Si le sujet vous intéresse, consultez l’article d’Ilias sur ce même sujet

Principe n°3 : décloisonner les disciplines

Penser en système, c’est aussi avoir la volonté de faire de la recherche et du design avec une approche pluridisciplinaire. C’est la mise en commun des connaissances et des compétences, alliée à la puissance de calcul qui permettra de modéliser la complexité (par exemple, de créer le rapport du GIEC). Une fois le problème “documenté” et mieux compris dans son ensemble, il devient plus facile de postuler de solutions pour y répondre.

Nous croyons en la pluridisciplinarité dans les organisations :

  • chez Haigo nous sommes pluridisciplinaires : chacun a une ou plusieurs expertise(s) majeure(s) mais travaille au sein du collectif avec d’autres expertises complémentaires. Ceci permet à tous d’avoir une compréhension globale des sujets
  • nous souhaitons conserver une approche généraliste : être capable de comprendre le problème et le système nous permet de savoir de quelle expertise particulière nous aurons besoin de mobiliser
Principe n°4 : éthique & transparence dans le design

Aujourd’hui, nous sommes de plus en plus nombreux à penser qu’il faut inventer une éthique de ce que nous produisons et de ce que nous consommons. Or, le système de conception, de production, d’acheminement, et de distribution des biens et des services actuel est devenu bien trop complexe (globalisation, multiplication des intermédiaires, certifications…) et opaque pour être compris par le consommateur final. 

Cette complexité nous empêche, en tant qu’individu, et même en temps que professionnel, de pouvoir évaluer l’impact de notre achat ou de notre décision. La complexité nous ôte notre responsabilité de consommateur/acteur.

Alors, en rendant le système intelligible par les utilisateurs, nous pourrions permettre une émancipation forte en redonnant plus de sens à nos usages.

Exemple de défi
Imaginons par exemple que vous ayez un compteur de la consommation d’énergie instantanée du streaming vidéo du film que vous regardez le soir (diffusion, stockage, consommation de l’infrastructure…). Maintenant amusons-nous à le comparer à la consommation nécessaire à la production et à l’acheminement d’un support physique (DVD ou autre). Dans ce contexte où le système serait rendu visible, il se pourrait que nous inventions de nouveaux services d’accès à la culture plus respectueux de l’environnement malgré l’apparent attrait initial d’une innovation.

Principe n°5 : durabilité

La durabilité est le principal différenciateur d’une approche circulaire vs une approche systémique.

La circularité permet d’engager des mesures en faveur d’externalités plus positives ou au moins d’amélioration : rapprocher un lieu de production d’un lieu d’achat, faire des efforts de récupération ou de tri… Tandis que le systémique étudiera davantage d’éléments associés.

Exemple d’application

Partant du constat qu’une voiture électrique est moins polluante qu’un véhicule thermique, une pensée circulaire nous aiderait à imaginer la chaîne logistique de production d’électricité, le recyclage des batteries, le partage de véhicule pour améliorer son usage…

La pensée systémique risque d’obtenir un diagnostic différent en rapportant la pollution engendrée par la production d’une voiture électrique neuve à celle que vous produirez encore avec votre ancien véhicule. En réalité, le fait d’introduire un nouveau véhicule sur le marché a déjà énormément consommé d’énergie. Vous pollueriez donc moins en conservant votre ancien véhicule, même si un véhicule électrique affiche un meilleur bilan écologique au km parcouru.

Dans ce contexte, nous pourrions être amenés à repenser la filière automobile en travaillant davantage sur la réparation, l’optimisation de l’utilisation… Plutôt que sur le simple item de comparaison de consommation pour 1 km parcouru.

Nous pourrions alors repenser nos habitudes, nos usages, réinventer des futurs plausibles et désirables !

Ce qui nous amène au 6ème point.

Principe n°6 : créer des récits qui donnent envie

La conjoncture actuelle n’est pas toujours favorable à la création de nouveaux récits positifs pour le futur. La créativité, la science fiction… Sont largement orientées vers des solutions high-tech nous empêchant souvent de repenser nos modes de vie. Le « technoptimisme » omniprésent fonde son mythe sur des faits souvent erronés. Ils peuvent nous induire en erreur car elles étudient rarement plus que la surface du problème.

Nous voulons inventer des solutions pour demain, sans mentir aux utilisateurs et à nos clients sur l’impact de leurs/nos actions.

Nous voulons accompagner le changement vers un futur souhaitable et désirable en repensant les produits, les lieux, les services et les usages.

Alors venez construire avec nous les récits de demain !

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Nos méthodes sont complémentaires et nous les adaptons en fonction de vos besoins.